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11/02/2020
Veille filières

Du lever au coucher, notre cerveau est bombardé de mille et une sensations qui nous gardent en alerte constante et connectés en permanence avec le monde qui nous entoure. Entre surstimulation et inaction, quel sens les voyageurs donneront-ils à leur périple?

La Chaire de tourisme Transat, en collaboration avec Tourisme Montréal, a dévoilé, le 21 janvier, les sept tendances qui continueront de rythmer l’activité touristique dans les prochaines années. Les conférenciers Paul Arseneault et Pierre Bellerose ont partagé le fruit de leur réflexion afin d’aider les entreprises à amorcer la nouvelle décennie.

Vers la quête de sens

Les sensations sont uniques et propres à chacun. La singularité de nos réactions aux stimuli a démontré l’intérêt de personnaliser toujours plus les produits et les services qu’on nous destine, de même que la façon de nous les présenter. Dans le domaine du voyage, cette volonté de combler à tout prix les besoins sensoriels des visiteurs par la multiplication d’expériences et d’activités, réelles et virtuelles, en est arrivée à créer une certaine surenchère.

Ralentir pour mieux ressentir

La notion de tourisme lent (slow tourism), apparue au début des années 2000, évolue vers la quête d’une certaine paix intérieure. Des destinations comme Bali ont ainsi été touchées par la vague « Mange, prie, aime » et ont vu se multiplier le nombre de touristes venus y chercher un sens à leur vie. Cette quête d’un voyage qui nous transforme et nous guide vers des changements durables à apporter dans notre vie peut prendre diverses formes. 

Certains désirent avant tout ralentir pour justement prendre le temps de s’imprégner de la destination. L’expérience des bains de forêt (Shinrin-Yoku) applique l’idée de s’immerger dans la nature, d’écouter le son du vent dans les feuilles, de toucher l’écorce des arbres, de humer l’odeur ambiante, d’observer la flore environnante. Le sens que l’on donne à une simple promenade en forêt devient plus profond et sert cette recherche d’apaisement et de spiritualité.

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Source : Anthony, pexels.com

Pour d’autres, cette quête de sens s’exprime par le dépassement de soi, le désir de se transformer, de connaître ses limites physiques et mentales. Parcourir le chemin de Compostelle, traverser les Appalaches, faire le marathon de Jérusalem sont des exemples d’expériences recherchées.

De la surstimulation à la légitimation de ne rien faire

Le touriste de demain voudra peut-être se retirer et éviter d’être confronté à trop de stimulations externes, vivre une certaine forme de non-voyage ou de retraite d’une vie trop intense.

Plusieurs concepts d’art de vivre font la promotion de la modération, du lâcher-prise, de la simplicité comme le hygge danois, le lagom suédois ou le niksen néerlandais. Des destinations peu connues, telles que Padasjoki en Finlande, utilisent déjà cet isolement relatif comme argument de vente et orientent leur marketing vers une offre simple.

Source : Youtube, Experience Nothing

Gérer les sens et stimuler les sensations

Les nouvelles connaissances issues des neurosciences s’appliquent au domaine du tourisme. Stimuler les sens peut procurer du plaisir et permet d’offrir une expérience plus agréable. 

L’offre touristique s’organise donc pour approfondir la quête des sens des visiteurs en créant des produits qui s’adressent :

  • Au goût : routes gourmandes, microrestauration locale (Time Out Market), produits frais « de la ferme à la table », festivals culinaires;
  • À la vue : panoramas inoubliables, design en hôtellerie, illuminations et arts immersifs;
  • À l’odorat : création d’ambiances et expositions olfactives;
  • À l’ouïe : festival de musique, création d’ambiances sonores ou musicales au musée, au restaurant ou à l’hôtel;
  • Au toucher : bassin de contact à l’aquarium, toucher d’objets texturés comme diverses fourrures d’animaux dans un centre d’interprétation.

Source : Youtube, Forest Luming

Veilletourisme.ca du 11/02/20

Etude réalisée par France Lessard