Accueil / Covid-19 : Google et Facebook vont-ils aider les acteurs du voyage à sortir de la crise ?
02/06/2020
Veille COVID

HomeExchange, Evaneos, Salaün, Easyvoyage… : dans une lettre ouverte, 20 acteurs du voyage enjoignent les deux géants du digital à soutenir le secteur du voyage.

« Google et Facebook ont tendance à profiter de leur position dominante sur le marché publicitaire, souligne Charles-Edouard Girard, cofondateur de la plateforme HomeExchange. Nous sommes face à des entreprises qui, dans ce contexte de crise, n’écoutent pas nos demandes. C’est la raison pour laquelle nous avons eu l’idée de ce collectif, qui réunit désormais près de 20 entreprises. Nous espérons rééquilibrer la relation, pour nous inscrire dans un vrai partenariat. »

HomeExchange, Evaneos, MisterFly… Plusieurs entreprises du Think Tank Club tourisme et Technologies (CTT), dont L’Echo touristique est partenaire, ont ainsi rédigé une lettre ouverte à Google et Facebook. Objectif : demander aux deux groupes américains d’aider le secteur à traverser la crise du coronavirus. « Il y a quelques mois, nous avons créé nos campagnes ensemble, dont nous avons assumé les coûts. Vous nous avez promis un ROI (Retour sur Investissement) sur ces publicités, qui n’auront jamais été converties en revenus pour nos entreprises », explique la lettre, publiée aujourd’hui dans Le Figaro. « Nous faisons appel à votre solidarité en vous demandant d’annuler ou de proposer des avoirs sur les coûts correspondant aux campagnes facturées qui n’ont engendré aucune vente (à savoir entre le 1/1/2020 et le 17/3/2020) et de nous accorder des remises sur les futures campagnes en 2020 et en 2021 », poursuit la lettre ouverte, adressée hier à Google et Facebook. Un courrier qui est aussi relayé aujourd’hui par une campagne virale, avec le hashtag #sauverletourisme.

« Immoral » que Google n’entende pas

« Nos dépenses marketing du début de l’année 2020 n’ont pas été converties, l’organisation des reports de voyage ont même généré beaucoup de coûts, rappelle Eric La Bonnardière, cofondateur d’Evaneos. Nous avons participé, avec Google, à la croissance du tourisme en ligne. Je pense que nous avons intérêt à avoir un avenir commun, dans lequel nous aurons les moyens d’investir. Il me semblerait immoral que Google n’entende pas la demande des marchands. »

Bryce Arnaud-Battandier, directeur général de Maeva.com (Pierre & Vacances), est sur la même longueur d’onde : « Dans cette crise, tous les acteurs de la chaîne font des efforts. Google et Facebook, qui ont engrangé des recettes au premier trimestre, alors que nous perdions les nôtres, doivent également se montrer solidaires. Nous avons toujours eu avec eux une relation basée sur le ROI, il faut garder cette logique pour tout le chiffre d’affaires que nous, les entreprises de voyage, avons dû annuler. »

Abus de position dominante ?

Membre du CTT, Benoît Crespin, directeur France d’Edreams Odigeo, s’est intéressé à la démarche du CTT, avant de renoncer à signer la lettre. « Le problème Google dépasse les factures de ces derniers mois, explique-t-il. Depuis 2011, nous sommes plaignants dans l’affaire Google Shopping. Nous militons depuis de nombreuses années pour que les enquêtes intègrent également les produits du Voyage (Google Flights, etc.). Par leurs pratiques, ils abusent de leur position dominante depuis de nombreuses années. De plus, la confusion croissante entre l’information et la publicité met en danger notre secteur mais encore plus les utilisateurs qui ne distinguent plus la publicité et le contenu naturel. » Un point de vue partagé par d’autres acteurs du voyage. Le bras de fer avec les GAFA est loin d’être terminé. Même si, malgré tout, Google est -pour nombre d’entreprises et d’institutions- un acteur incontournable. Récemment, c’est l’Organisation mondiale du tourisme qui a annoncé un partenariat renforcé avec le géant de Mountain View.

Les entreprises du travel sont touchées de plein fouet par la crise sanitaire. L’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) prévoit une chute de 60 à 80% du tourisme international en 2020.

 

echo touristique du 2 juin