Accueil / Les professionnels du tourisme en Corse à la découverte du touriste britannique
10/04/2018
Retombées médiatiques

Le profil du touriste britannique a été présenté hier aux professionnels insulaires (hôteliers, agences de voyages, de tourisme vert, etc) par l'Agence du tourisme de la Corse (ATC).

Objectif : accompagner l'ouverture de la ligne directe d'Air Corsica à partir du 3 mai jusqu'au 4 novembre, entre Londres Stansted et Ajaccio, Bastia et Figari.

La compagnie aérienne corse mise gros : l'offre, jusqu'ici assurée par Easy Jet, British Airways et les tour-opérateurs britanniques sera tout simplement doublée avec 62 000 sièges supplémentaires.

Si elle est fructueuse, cette ouverture de ligne devrait s'accompagner du débarquement de 100 000 Britanniques sur les plages et les montagnes corses en 2018 contre 45 000 en 2017.

Et vient ainsi pour la première fois, créer l'opportunité d'un véritable marché anglais sur l'île. Un marché prometteur : car contrairement aux Français, les Britanniques partent en vacances loin de leurs cottages vers des cieux européens plus cléments. La stratégie d'Air Corsica, "aux risques calculés", souligne le président du directoire Philippe Dandrieux, de drainer directement cette clientèle s'accompagne d'une vaste opération de promotion. De part et d'autres des deux îles.

"Mieux les connaître"

Avec, à la coordination, l'Agence de tourisme de la Corse. "L'ouverture de la ligne était une condition nécessaire mais ce n'était pas suffisant pour rebooster ce marché historique, explique Marie-Antoinette Maupertuis, la présidente de l'ATC. Les Britanniques ont une culture différente, il nous fallait mieux les connaître et présenter leur profil aux professionnels insulaires, pour faire correspondre l'offre à la demande". Cette mission d'un montant de 240 000 euros, financée pour moitié par l'ATC, a été assurée de Londres par le bureau d'Atout France, l'agence de développement touristique de France, qui en finance la seconde partie.

Et à en croire les résultats de l'enquête, les Britanniques ont tout pour plaire aux Corses qui sont à la recherche d'un tourisme de qualité et désireux de développer une offre hors saison.

Car avant les plages, ce sont la culture (68 % des personnes interrogées) et la gastronomie (46 %) qui priment dans l'intérêt des Britanniques, assure l'étude d'Atout France.

Autre avantage : ces touristes soucieux de leur confort privilégient l'hôtel (36 %) et les hôtels de luxe (22 %). Un bémol toutefois : le budget des visiteurs est "légèrement plus serré que par le passé, 749 livres (860 euros) contre 1 000-1 500 livres auparavant)". Reste à attirer ces voyageurs réputés exigeants sur un marché très concurrentiel.

Opérations marketing

Dans la capitale britannique, les opérations marketing se multiplient, en parallèle de celles menées par Air Corsica et de l'ATC : "Nous lançons des campagnes d'affichage dans le métro, sur les bus. Des influenceurs travaillent auprès des tour-opérateurs, notamment haut de gamme comme Secret Escape ou Simpson Travel, auprès de la presse spécialisée et généraliste. Devant la concurrence des autres destinations méditerranéennes, nous mettons en avant la culture et la gastronomie corses", précise Gwenaëlle Delos, la directrice du bureau londonien d'Atout France.

De quoi attirer ces amateurs de bons vins et de climat tempéré, qui après avoir découvert la Corse au XIXe siècle, ont privilégié d'autres îles méditerranéennes, comme les Baléares, la Grèce, la Sardaigne et naturellement Chypre et Malte.

Mais depuis quelques années, la Corse est réapparue sous leur radar. Quelques tour-opérateurs se sont spécialisés sur l'île, comme Corsican Places. Et la presse britannique relate régulièrement les atouts de la Corse, "secret le mieux gardé de la Méditerranée". "Non, la Corse n'est pas chère , non les Corses ne sont pas désagréables !", assure ainsi The Independent avant de vanter, comme The Daily Telegraph les plages immaculées, le maquis et le caractère charmant et bien trempé des descendants de Napoléon.

Autant de commentaires qui pourraient se multiplier avec l'ouverture de la ligne d'Air Corsica.