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30/01/2019
Veille innovation

La collaboration avec les start-ups permet d’intégrer des solutions novatrices dans les entreprises ou les destinations. Plusieurs structures sont mises en place afin de favoriser les rencontres et de créer des liens solides.

Selon la firme internationale de recherche Phocuswright, l’industrie touristique se trouve dans un contexte où les jeunes entreprises ont la possibilité de s’imposer avec leurs nouvelles idées. Le monde des start-ups est en effervescence et l’agilité de ces dernières constitue leur atout majeur.   

Pour une entreprise, collaborer avec des start-ups ou les intégrer au sein même de leur organisation représente un avantage pour innover. Comme l’a suggéré Paul Arsenault, titulaire de la Chaire de tourisme Transat, lors de la conférence «Innover ou disparaître», l’intégration fonctionne si un écosystème se met en place.

Jouer dans la cour des grands

Certaines compagnies s’associent à des start-ups pour demeurer compétitives. En voici quelques exemples.

En 2017, la jeune entreprise RozieAI a collaboré avec Air Canada pour adapter le service vocal intelligent Alexa d’Amazon. Les utilisateurs de cet assistant personnel peuvent l’interroger oralement pour connaître l’état des vols, les prix ou l’emplacement pour récupérer les bagages.

iAdvize travaille avec plus de 600 entreprises, notamment Air France, Disney, Michelin et Voyages SNCF. Elle se spécialise dans la gestion de la relation client par messagerie instantanée. Grâce au ciblage comportemental, elle repère les consommateurs qui semblent hésiter et avoir besoin de conseils. Les internautes sont guidés en temps réel par d’autres clients ambassadeurs et non pas uniquement par des vendeurs de la marque. La vidéo suivante explique davantage le concept.

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D’autres compagnies prennent le pari de développer des structures au sein même de l’organisation, comme des incubateurs ou des accélérateurs, pour accueillir les jeunes entreprises.

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Marriott a lancé le programme d’accélération Testbed pour l’aider dans sa transformation numérique. Les start-ups peuvent tester leurs idées dans les chambres d’hôtel de la chaîne. La SNCF propose également un accélérateur, Oui Link, qui permet aux jeunes entreprises de bénéficier des conseils et des expertises de collaborateurs, de recevoir de la rétroaction des clients et d’accéder à son réseau de partenaires. Certaines d’entre elles, comme OuiCar et Loco2, seront même rachetées par la SNCF.

Disneyland Paris offre un programme d’Open Innovation, le Castle Hub, à de jeunes entreprises dont le produit est déjà fini et commercialisé. La plus récente start-up choisie, Aglaé, a réussi à convaincre le parc d’attractions lors d’un argumentaire de vente des plus originaux (voir la vidéo suivante). 

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Des cas de destinations

Les start-ups permettent également aux destinations d’innover. Par exemple, l’office de tourisme de Lyon a collaboré avec Hippocketwifi, spécialiste en location de miniboîtiers wifi, afin d’offrir aux touristes une connexion à haute vitesse pendant leur séjour.

Dans le cadre des festivités du 500e anniversaire du Havre, l’office de tourisme a collaboré avec Artpis pour faire la promotion de son programme d’activités. L’équipe apportait son expertise locale, alors que la start-up transmettait son savoir-faire en marketing digital, en plus de mettre à profit sa capacité à réagir rapidement en cas de problème. L’opération a réussi à joindre plus de trois millions de personnes via les infolettres et les réseaux sociaux. D’après l’expert en marketing de destination, Nicolas Barret, le succès de cette collaboration provient d’un bon travail d’équipe, tant sur la création de contenus que sur le choix des outils de diffusion.

Au Québec, la start-upStimulation Déjà Vu collabore avec Tourisme Montréal et Tourisme Shawinigan. Elle réussit à promouvoir leurs destinations et à créer des expériences sensorielles par l’utilisation de l’odorat.

Provoquer les rencontres

Bien que plusieurs grandes compagnies saisissent l’occasion de travailler avec des start-ups, nul besoin d’être une multinationale ou de posséder un chiffre d’affaires exorbitant pour les approcher. Mais par où commencer ?

De nombreuses initiatives mettent en relation les start-ups et les entreprises. En plus des incubateurs et des accélérateurs, une panoplie d’événements, de conférences, de plateformes existent pour permettre d’établir un premier contact avec les jeunes pousses innovatrices. Dans la région de la Haute-France, le site Adopte une startup agit comme intermédiaire avec les entreprises et fait la promotion des start-ups de la région. À Montréal, le Startupfest propose des conférences et des séances de réseautage uniques pour favoriser l’interaction entre les jeunes entreprises et les investisseurs (voir la vidéo).

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Pendant ce temps au MT Lab

À Montréal, le MT Lab met en place plusieurs stratégies et événements pour favoriser la création de liens entre ses partenaires et les start-ups incubées. Par exemple, pendant l’appel à candidatures, les grandes entreprises présentent leurs besoins à la manière d’un reverse pitch. Il s’agit d’exposer aux start-ups ses enjeux, ses besoins ou ses pistes de développement. Lors des journées de l’innovation (Demo Day), de jeunes entreprises sélectionnées en plus des incubées rencontrent les partenaires du MT Lab. La collaboration entre l’une des start-ups incubées, Mérinio, et l’aéroport de Montréal Pierre Elliott Trudeau représente un bon exemple des avantages pour une entreprise de travailler avec une jeune pousse. Spécialisée dans la gestion de la main-d’œuvre, Mérinio a développé une solution sur mesure pour son client grâce à sa capacité d’adaptation et à sa rapidité à s’ajuster à ses besoins.

 Collaborer avec des start-ups est tout à l’intérêt de l’industrie touristique. Ce type d’association n’est pas une mode. Le succès sera au rendez-vous si un partenariat sincère s’inscrit dans la démarche.

veilletourisme.ca du 28/01/19